Ashar Khan Manghaniyar
Le maître de la satâra et du muralî
Inde du Nord
Photo : Alain Weber
Master of the satara and murali flutes
Rajasthan, North India
Vision du désert I : le maître de la flûte satârâ et de la clarinette muralî invite à une traversée onirique du désert de Thâr.
Desert Vision I : master of the flute satârâ and the clarinet muralî calls the listener to a dream like crossing of the Thâr desert.
Les musiciens manghaniyars, contrairement à la caste des Langâs, n'utilisent pas ou très peu les instruments à vent. Ashar Khan Manghaniyar fait donc figure d'exception au sein de cette communauté. Pratiquant la technique du souffle continu (nàksãsì), il est capable de jouer aussi bien la double flûte pastorale satârâ, que de la double clarinette muralî.
La première, à bec et en bois, possède deux tuyaux séparés, l'un réservé au bourdon et l'autre à la mélodie. Le terme muralî s'applique à différents aérophones en Inde, de la flûte traversière à trous vamsa à la flûte en bambou bansuri que l'on retrouve entre les mains du dieu Krishna, autrement nommé Muralidhara (« Celui qui tient la flûte »). Mais dans la tradition populaire du Rajasthan et du Pakistan, il s'agit d'une double clarinette agrémentée d'un réservoir de bois, ou de gourde vidée puis séchée, et de deux tubes collés ensemble au moyen de cire.
La suavité aérienne qui émane de la flûte satârâ contraste avec la rudesse de la clarinette muralî aux notes aiguës et acérées.
