CINÉ RAMA
L'Inde en 35 mm * Nouveauté 2009 / India in 35 mm
Une exploration du cinéma indien à travers :
Deux créations : / Two creations :
Magic India
Avec les Magiciens de l'Inde - Ciné spectacle - Inde du Nord
With Indian Magicians - Cine show - North India
Prem Sanyas (La Lumière de l'Asie)
Ciné concert avec l'Ensemble Divana - Inde du Nord
Cine concert with Divana Ensemble - North India
Deux rencontres: / Two meetings :
Filmer la danse en Inde
Projection du documentaire La Danse de l'Enchanteresse - Inde
Suivie d'une rencontre avec Brigitte Chataignier, chorégraphe et co-réalisatrice du film
Screening of the documentary The Dance of the Enchantress
and discussion with Brigitte Chataignier, choreographer and co-director of the film
Bollywood, l'envers du décor
Projection du film Cosmic City ou l'invasion de Bombay par les robots - Inde
Suivie d'une rencontre avec Emmanuel Grimaud, anthropologue, chercheur et réalisateur de ce film
Screening of the film Cosmic City or the invasion of Bombay by the robots
and discussion with Emmanuel Grimaud, anthropologist, researcher and director
Une exposition : / An exhibit :
L'Inde s'affiche
Collection d'affiches de Stéphane Guillerme - Inde
Collection of posters de Stephane Guillerme - India
16 films : présentation des 16 films / presentation of the 16 films
« LA TROISIEME SONNERIE A RETENTI. Le rideau de velours pourpre est sur le point de se lever. Les lumières baissent progressivement jusqu’à ce qu’il ne reste que les panneaux lumineux SORTIE, luisant comme des braises dans la salle obscure. Les vendeurs de pop-corn et de boissons fraiches commencent à partir. Le générique commence à défiler, Salim connaît tout le monde dans ce film. Il sait qui est le costumier, qui est le coiffeur, qui est le maquilleur. Il connaît le nom du directeur de production, du contrôleur financier, du preneur de son et de chaque assistant. Dans ce film, Armaan joue un gangster. Un gangster au grand cœur. Il dépouille les riches et distribue l’argent aux pauvres. Au passage, il tombe amoureux de l’héroïne, Priya Kapoor et chante six chansons. »
Vikas Swarup, Les fabuleuses aventures d’un Indien malchanceux qui devient milliardaire (Slumdog Millionnaire)
Les débuts du cinéma indien, étroitement liés aux arts traditionnels et au théâtre populaire, sont sans doute à l’origine de son engouement pour les intermèdes chantés et dansés et pour ses interprétations excessives, qui peuvent parfois sembler désuètes.
Le spectacle fabriqué à Bollywod (contraction de Bombay et Hollywood) a un large champ d’inspiration : mélodrame amoureux, comédie musicale, pantalonnade historique, fresque épique, « western curry », vaudeville bouffon ou drame antique. Il exalte à sa manière les différentes castes de l’Inde, loue le courage des acteurs et la grâce des actrices et réinvente sans cesse les mêmes histoires, entre amours impossibles, injustices sociales et aventures des héros daïcots locaux… Avec ou sans trucages, destinés au monde rural et traditionnel comme aux travailleurs de la rue, les scénarios se nouent autour des modes « flower power » des sixties, jacksoniennes des années 80 ou rap des années 90.
Avec près de 800 productions annuelles, le cinéma indien résiste pourtant aux étiquettes et aux genres soigneusement cloisonnés de l’Occident. Parce qu’avec 1 milliard 200 millions habitants, 23 langues officielles et huit religions, chaque région développe sa propre expression cinématographique, miroir de la société et de ses aspirations. Aux films masala, hindîs et commerciaux, se mêle ainsi un cinéma d’auteur foisonnant.
Grande nouveauté de cette 11e édition, le programme Ciné Rama présente deux créations, deux rencontres, une exposition et surtout 16 films, du nord au sud de l’Inde. Grâce au dessin animé et aux effets spéciaux des années 80, les divinités traversent l’écran, nous rappelant l’importance du sacré en Inde. Les films de société, entre réalisme et fantaisie, glorifient le monde paysan ou héroïsent les femmes. Les reconstitutions historiques évoquent les méfaits de l’occupation britannique et ses conséquences. Le statut de l’artiste, selon le schéma social traditionnel, est tantôt célébré à travers des œuvres contemplatives, tantôt dénigré à travers la figure de la danseuse, courtisane de mauvaise vie.