|
Les Orientales 1999
et 2000 ont permis au public et au jeune public de découvrir
la magie et lauthenticité des cultures dOrient.
Une trentaine de spectacles, concerts, films, expositions et lectures
proposent chaque année un parcours varié, envoûtant
et enrichissant.
La troisième édition du festival se prépare,
deux cents artistes, du Maghreb à lAsie lointaine,
sont les invités des Orientales. Les rives de la Loire
accueilleront à nouveau un Orient rare, nomade et traditionnel.
|
La vièle instrument
ancien resté le fidèle compagnon du poète
et du musicien sera cette année au cur de la programmation.
Les habitants de Saint-Florent et du Pays des Mauges auront
ainsi un fil dAriane pour ce voyage aux saveurs Orientales.
Le festival reste avant tout une rencontre authentique et populaire.
Le Café Oriental, lAbbatiale, le Palais Briau et
la Ferme des Coteaux accueilleront cet Orient ancien transposé
dans une atmosphère chaleureuse, conviviale... et angevine.
Comme les années passées, les rives de la Loire
auront plaisir à accueillir celles et ceux qui souhaitent
se laisser surprendre par la magie des cultures dOrient.
Nous souhaitons au public fidèle et toujours élargi
autant de curiosité et dappétit dOrient
pour un festival encore plus réussi.
Hervé de
Charette, Président du festival
|
|
|
17 pays présents
cette année :
Albanie
Algérie
Bulgarie
Egypte
Hongrie
Inde
Indonésie
Irak
Iran
Kazakhstan
Maroc
Mongolie
Palestine
Pakistan
Soudan
Tunisie
Turquie
|
Le désir
est toujours féodal : dans une Turquie elle-même
dépassée, cest une Turquie encore plus ancienne
que Loti cherche en tremblant. Le désir va toujours vers
larchaïsme extrême, là où la
plus grande distance historique assure la plus grande irréalité,
là ou le désir trouve sa forme pure : celle du
retour impossible, celle de lImpossible...
Roland Barthes
à propos de Aziyadée de Pierre Loti.
Cette année,
le Festival les Orientales de Saint-Florent-le-Vieil continue
sa découverte de lOrient en accueillant des artistes
venus du Maghreb jusquà lAsie lointaine.
Les rives de la Loire vivront au rythme dun Orient rare,
antique et nomade confronté à ce quil est
commun dappeler la mondialisation.
En Orient, le mot et la poésie sont lessence de
toute chose en attente dêtre révélée.
Des steppes au désert, des montagnes arides aux vallées
vertes, le poète et sa vièle psalmodient, narrent
ou chantent à la fois lactualité et lhistoire
dun temps hors du temps. Etroitement liée au nomadisme
et à la civilisation du cheval, la vièle constitue,
cette année aux Orientales, le point de départ
dun voyage musical à travers des pays aussi différents
que le Maroc, lIrak, le Baloutchistan, lAlgérie,
lInde, la Turquie, la Mongolie ou le Kazakhstan.
La vièle cheval morin-khuur du poète-chamane des
tribus mongoles, le kamanche de la Perse (du mot kaman, arc),
la rababa de lEgypte (proche du rebec des poètes
de lOccident médiéval), la djoza de la musique
classique irakienne ou encore le violon joué à
la manière des Tsiganes de Hongrie, cette autre tribu
aux prunelles ardentes décrite par Théophile
Gautier, sont autant de facettes du même instrument.
La poésie fait renaître les premiers jours de lhumanité
: vâkyam rasâtmakam kâvyam. La saveur (rasa,
de ras : goûter) est en Inde lessence et le but
ultime de toute poésie.
Le verbe en Orient est fondateur des religions et des textes
sacrés des Védas aux Evangiles, mais il se fait
aussi chair lorsque les personnages des grandes épopées
prennent corps dans la danse et le théâtre épique.
Les dieux-héros de lInde antique daignent alors
révéler quelques moments de leur existence.
Dieux, titans, musiciens célestes, spectres,
géants, dragons foulaient alors en maîtres le continent
du Jambu, résidence des gardiens-du-monde.
Par la bouche dIndra, leur prince, les dieux
dirent au grand-prêtre :
Nous voulons quelque chose qui nous réjouisse,
quelque chose à voir et à entendre ! Le commerce
du savoir sacré, on ne peut le faire entendre aux générations
serviles. Extrais-en donc un nouvel art, cinquième savoir
pour les gens de toutes castes.
Soit, dit-il et, renvoyant le roi-des-dieux,
il repensa les quatre savoirs, la substance de toutes les sciences,
la mise en uvre de tous les métiers ; de tout cela,
en y joignant les mythes, il créa le cinquième
savoir qui sappellera théâtre.
Les Orientales présentent ainsi les grandes
traditions de la danse épique et rituelle: le Bharata
natyam, danse féminine de lInde du sud dédiée
à Khrishna, et le Kutiyattam, théâtre épique
du Kérala qui fait danser les dieux du Mahabharata.
Une projection de films indiens sur la danse continue la magie
de ces spectacles. La danse nomade kalbelya des jogî du
Rajasthan, ancêtres des Tsiganes, anticipe les violons
rom de Transylvanie et les chants rom des plaines de Hongrie.
Ce parfum de nomadisme se prolonge avec une évocation
du dernier grand pays nomade de notre planète. Dans la
chaleur dune yourte mongole, lieu propice aux lectures
de récits de voyageurs, résonnera le chant diphonique
khöömii. Un grand spectacle pour enfants présente
en exclusivité la magie du remarquable Topèng,
théâtre dansé et masqué et du Wayang
kulit, théâtre dombres, venus de la région
de Cirebon sur lîle de Java.
Le cur de lAbbatiale vibre des grandes voix de la
Méditerranée, de la Bulgarie à lAlbanie,
jusquà celle dOum Kalthoum à qui un
hommage sera rendu avec quatre jeunes chanteuses du monde arabe
accompagnées par le grand ensemble de musique arabe du
Caire. La tradition arabe, classique, andalouse et soufie sera
aussi représentée par lIrak, le Soudan islamisé,
le Maroc et lAlgérie.
Alain Weber
Directeur artistique
|
|
 |
 |