“Les Orientales” pour la quatrième année vont présenter
une nouvelle fois une vaste palette des traditions de l’Orient.
Ces traditions rares présentées sur le site exceptionnel
de Saint-Florent-le-Vieil, offrent la possibilité de rencontres
et de croisements inédits.

C’est d’abord la rencontre entre plusieurs pans de l’histoire : l’histoire de notre pays des Mauges avec les vestiges historiques de ces peuples nomades qui restés attachés à l’oralité.

À l’aube d’un nouveau siècle inquiétant où l’orient et l’occident semblent prolonger les mêmes incompréhensions qu’autrefois, notre festival, se veut, à son modeste niveau, une véritable tentative de réconciliation à travers la découverte de ce patrimoine mondial. La volonté de présenter des expressions artistiques authentiques et populaires nous a permis de tenir le pari d’ouvrir le festival à un public varié, local et national, scolaire, familial tout en satisfaisant les esthètes des musiques de l’Orient qui viennent nombreux chaque année découvrir le charme de Saint-Florent-le-Viel.

L’ouverture du nouvel auditorium de l’Abbaye va élargir nos horizons, puisque le festival accueille sa première Université européenne d’été en collaboration avec l’université Paris VIII et l’atelier de scénographie de la Maison des sciences de l’homme de Paris Nord.

J’espère vivement que chacun et chacune pourra à nouveau profiter pleinement de cette nouvelle édition qui fera de Saint-Florent-le-Vieil un véritable pole culturel pour notre région.

Hervé de Charette

Président du Festival

“Les images qui fécondent tout voyage initiatique renvoient chacune en énigme à une rencontre préfigurée qu’elles font pressentir et qui les achèvera, la puissance d’envoûtement des excursions magiques.”

Julien Gracq
« Les eaux étroites »

Les Orientales offrent cette année un nouveau voyage en Orient, à la fois initiatique et festif comme il est de coutume. Ainsi, chacun peut s’imprégner de cet ailleurs qui sommeille en nous. Dans l’atmosphère sereine de Saint-Florent-le-Vieil, l’Orient, sans forme de passéisme renvoie à une certaine idée du temps, qui, comme l’eau des fleuves, évoquée cette année par différents spectacles, coule inexorablement.

Le défilement de l’eau est initiatique pour le jeune prince Siddharta avant qu’il devienne Bouddha universel. L’eau des fleuves est le symbole du temps qui passe dans la philosophie de l’Inde ancienne. Elle peut aussi être apocalyptique dans la Bible et le Coran, sacrée et purificatrice quand elle se réfère au Gange, féconde lors des anciennes crues du Nil ou de la Loire dont l’âme sauvage lui a valu le statut de patrimoine naturel.

“Toutes choses passent et disparaissent,
aucune des cordes de la vie ne dure éternellement”


disait dans les années 70 George Harisson (“All things must pass”) à qui nous devons l’introduction des musiques indiennes dans notre culture populaire contemporaine.
Dans notre époque, où l’on semble oublier que l’acquis du passé peut sublimer l’avenir, les “Orientales” permettent de voyager à travers des musiques qui, du Kazakhstan à l’Irlande, ont goûté aux roches des montagnes, aux pierres des déserts, aux mosaïques et aux arabesques d’albâtre des anciens palais. Ces voix d’Orient, sinueuses et torrides, qui possèdent la clarté des pierres précieuses et la rudesse des roches du désert, s’élèvent majestueuses sous les voûtes de l’Abbatiale, dans la magie du Palais Briau, dans l’exubérance du Café Oriental.

Le rapport entre l’homme et l’eau, est évoqué à travers les chants et danses dédiés au dieu Gange avec la grande chanteuse Girija Devi ou la jeune danseuse de Kuchipudi, Shantala Shivalingappa. L’univers celtique des fées de l’eau (les naïades et les ondines) de l’ensemble Dervish rappelle l’universalité d’un certain monde antique.
L’enfance, maillon précieux entre rêve et réalité, imitation et invention, face au sable de l’oubli, est une nouvelle fois à l’honneur avec des spectacles présentés par de jeunes musiciens orientaux pour nos enfants. Ils sont là, de la Crête à l’Inde et nous rappellent que la transmission d’un patrimoine ancien est toujours d’actualité.
Le festival reste fidèle à cette touche orientale que représente en Europe les tsiganes, irréductibles à l’uniformisation des musiques.
Enfin, une journée spéciale sera consacrée aux grandes traditions d’Asie Centrale, derniers trésors de ces anciennes civilisations nomades.
Animations et marché oriental seront encore au rendez-vous dans cette volonté toujours présente de mettre en valeur le patrimoine vivant de l’Orient actuel.

Cette année, Saint-Florent-Le-Vieil prolonge “les Orientales” et accueille sa première “Université européenne d’été” sur le thème de l’ethnoscénologie en partenariat avec le laboratoire d’ethnoscénologie de l’université Paris 8 et la Maison des sciences de l’homme de Paris Nord. L’ethnoscénologie, nouvelle discipline qui étudie la philosophie et la pratique des arts de la scène à travers le monde met en lumière la richesse et la complexité des arts traditionnels vivants défendus ardemment par “Les Orientales”.

Alain Weber

Directeur artistique du Festival

 

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