Les
Orientales offrent cette année un nouveau
voyage en Orient, à la fois initiatique
et festif comme il est de coutume. Ainsi, chacun
peut simprégner de cet ailleurs qui
sommeille en nous. Dans latmosphère
sereine de Saint-Florent-le-Vieil, lOrient,
sans forme de passéisme renvoie à
une certaine idée du temps, qui, comme
leau des fleuves, évoquée
cette année par différents spectacles,
coule inexorablement.
Le
défilement de leau est initiatique
pour le jeune prince Siddharta avant quil
devienne Bouddha universel. Leau des fleuves
est le symbole du temps qui passe dans la philosophie
de lInde ancienne. Elle peut aussi être
apocalyptique dans la Bible et le Coran, sacrée
et purificatrice quand elle se réfère
au Gange, féconde lors des anciennes crues
du Nil ou de la Loire dont lâme sauvage
lui a valu le statut de patrimoine naturel.
disait dans les années 70 George Harisson
(All things must pass) à qui
nous devons lintroduction des musiques indiennes
dans notre culture populaire contemporaine.
Dans notre époque, où lon
semble oublier que lacquis du passé
peut sublimer lavenir, les Orientales
permettent de voyager à travers des musiques
qui, du Kazakhstan à lIrlande, ont
goûté aux roches des montagnes, aux
pierres des déserts, aux mosaïques
et aux arabesques dalbâtre des anciens
palais. Ces voix dOrient, sinueuses et torrides,
qui possèdent la clarté des pierres
précieuses et la rudesse des roches du
désert, sélèvent majestueuses
sous les voûtes de lAbbatiale, dans
la magie du Palais Briau, dans lexubérance
du Café Oriental.
Le
rapport entre lhomme et leau, est évoqué
à travers les chants et danses dédiés
au dieu Gange avec la grande chanteuse Girija Devi
ou la jeune danseuse de Kuchipudi, Shantala Shivalingappa.
Lunivers celtique des fées de leau
(les naïades et les ondines) de lensemble
Dervish rappelle luniversalité dun
certain monde antique.
Lenfance, maillon précieux entre rêve
et réalité, imitation et invention,
face au sable de loubli, est une nouvelle
fois à lhonneur avec des spectacles
présentés par de jeunes musiciens
orientaux pour nos enfants. Ils sont là,
de la Crête à lInde et nous rappellent
que la transmission dun patrimoine ancien
est toujours dactualité.
Le festival reste fidèle à cette touche
orientale que représente en Europe les tsiganes,
irréductibles à luniformisation
des musiques.
Enfin, une journée spéciale sera consacrée
aux grandes traditions dAsie Centrale, derniers
trésors de ces anciennes civilisations nomades.
Animations et marché oriental seront encore
au rendez-vous dans cette volonté toujours
présente de mettre en valeur le patrimoine
vivant de lOrient actuel.
Cette année, Saint-Florent-Le-Vieil prolonge
les Orientales et accueille sa première
Université européenne dété
sur le thème de lethnoscénologie
en partenariat avec le laboratoire dethnoscénologie
de luniversité Paris 8 et la Maison
des sciences de lhomme de Paris Nord. Lethnoscénologie,
nouvelle discipline qui étudie la philosophie
et la pratique des arts de la scène à
travers le monde met en lumière la richesse
et la complexité des arts traditionnels vivants
défendus ardemment par Les Orientales.
Alain
Weber
Directeur
artistique du Festival
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