Sardaigne et Mongolie

CONCERT - CRÉATION

Samedi 29 juin
Café oriental, 21h00
Tarif : 15 €

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Voix nomades

Cuncordu E Tenore de Orosei et les chanteurs mongols
 Ts. Tsogtgerel et G. Nergui 1h15

Voix nomades

Cuncordu E Tenore de Orosei © Antonio Farris   //   Ganzorig et Tsogtgerel © Ts. Otgonbaatar

 « Il n'y a que le ciel qui voit le dos d'un épervier. »

 

Proverbe mongol

Au cœur d'une nature encore sacralisée, la beauté âpre des montagnes sardes rencontre l'étendue des steppes de Mongolie à travers les polyphonies des Tenores et le chant diphonique khöömij.

Entre liturgie et fêtes paysannes, aux confins du profane et du sacré, des voix résonnent encore depuis les hauteurs des montagnes sardes, là où se réfugie la beauté d'une culture pastorale pleinement vivante. Depuis la préhistoire, l'ancien chasseur, devenu berger, n'a eu de cesse de s'octroyer les pouvoirs bénéfiques ou maléfiques de son environnement afin de le dominer ou de simplement composer avec lui. 

Les polyphonies sardes trouvent leur origine à la période nuragique qui correspond à la naissance de ces tours rondes (nuraghe) en forme de cône tronqué. Apparus entre 1900 et 730 avant J.-C. (entre l'âge de bronze et de fer), ces édifices mégalithiques en demeurent l'incarnation. Quant aux chants collectifs qui en sont à l'image, ils abreuvent la liturgie (a Cuncordu) et continuent d'être transmis par les confréries, autant qu'ils rythment les célébrations villageoises (a Tenore). 

Le chœur Cuncordu e Tenore de Orosei s'est offert au fil du temps une place de choix dans le paysage sarde, en tant qu'il excelle dans les deux répertoires, sacré (en particulier dans les chants de la confrérie de Santa Croce, très impliquée au cours de la semaine sainte) et profane. 

Le chant s'exprime par une voix de gorge tendue qui donne un grain vibrant aux deux parties d'harmonie: contre-chant et basse. Longtemps, on a cru que cette technique n'existait que sur l'île de Sardaigne, mais c'était sans compter la Mongolie...

C'est au-delà des mers, vers d'autres montagnes tout autant vénérées, au cœur des steppes de l'Altaï, qu'est né, comme le veut la légende, le chant diphonique autrement nommé khöömij (littéralement « larynx »). Accompagné du morin-khuur ou khiil-khuur, la vièle-cheval du poète et devin, le chant diphonique est une métaphore du relief des plaines, de l'étendue des steppes, de la densité des troupeaux, du galop des chevaux, du tumulte de la nature, de ses grondements et de ses murmures, du bruissement des herbes sauvages... 

Si Tsogtgerel a su assimiler la tradition des steppes de l'Altaï avec le modèle académique d'Oulan Bator à travers un chant diphonique très puissant au large registre harmonique, Ganzorig, autodidacte, combine une synthèse des styles mongol et Touva à merveille. Ils se retrouvent tous deux dans l'interprétation des chants de louanges magtaal mêlant chants de gorge et chants diphoniques.

Dans une surprenante continuité, au cœur de ces deux traditions, l'usage de la guimbarde, l'instrument nomade des bergers du monde, est demeuré très prégnant.

Cette rencontre inestimable, faisant fi des distances géographiques, mettra en valeur la richesse de ces techniques vocales, de ces peuples qui appartiennent à la même histoire universelle, derniers témoins d'un passé millénaire où l'homme savait s'allier à la nature...

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Avec la collaboration de l'association Routes Nomades

Routes Nomades

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Massimo Roych, voche, guimbarde trunfa, flûte pipiolu
Mario Siotto, bassu
Gian Nicola Appeddu, contra
Piero Pala, mesuvoche
Tonino Carta, voche
Tsogtgerel Tserendavaa, chant khöömij, flûte tsuur et vièle morin-khuur
Ganzorig Nergui, chant khöömij, luth tovshuur et vièle morin-khuur